La langue arabe – Histoire et origines

Avant-propos

Ce que l’on sait de source sûre et attestée, c’est que l’arabe est né il y a plus de 1500 ans, ce qui en fait l’une des langues les plus anciennes que nous conaissons. Quant à son origine, elle fait encore l’objet d’études et de recherches.

La langue arabe telle que nous la connaissons a beaucoup évolué, depuis les premiers siècles jusqu’à nos jours. Elle fait partie des langues d’origine sémitique, à l’instar de l’hébreu, de l’araméen et de l’akkadien.

Des formes anciennes d’arabe étaient parlées dans la péninsule arabique bien avant l’Islam, mais peu de traces écrites subsistent, sauf en inscriptions, comme en safaitique ou thamoudéen. Ces écritures sud-arabiques et éthiopiennes dérivent de l’alphabet sabéens composé de 29 lettres à structures géométriques.

Des origines (très!) anciennes

L’Islam nous rapporte des évènements qui expliquent comment cette langue est arrivée à la péninsule arabique. Lorsque Abraham a laissé au milieu du désert Hajar (Agar) et son fils Ismaïl et que la source de Zamzam soit apparue, elle attira un groupe de nomades qui passait par là.

Ce groupe, originaire du Yémen, et ayant aperçu des volatiles attirés par l’eau de la source, se dirigea à la rencontre de la mère et de son fils, à qui ils demandèrent autorisation de s’abreuver. Ce qu’elle leur octroya en échange de leur protection, et c’est ainsi que naquit en cet endroit ce qui allait devenir plus tard la ville de La Mecque.

Mais revenons-en à la langue : Ismaïl, après s’être marié avec une femme issue de cette tribu, apprit la langue qu’ils utilisaient, à savoir un proto-arabe qui allait avec le temps devenir la langue arabe que le Coran figerait comme langue de la révélation et, plus largement, du monde arabe dans son ensemble.

Pourtant, les dialectes ont toujours été, et l’arabe a toujours été multiple. En effet, il existait de nombreuses formes de l’arabe ancien, et en fonction de la proximité des locuteurs avec telle ou telle ethnie, leur dialecte se voyait partiellement modifié.

C’est également le cas de l’arabe de la révélation coranique, puisqu’il existe dans le coran de nombreux mots dont l’origine n’est pas purement arabe stricto sensu.

C’est par exemple le cas du mot “sirat” dans la première sourate du Coran, l’Ouverture : ce mot est d’origine perse et sa racine trilitaire (s-r-t) n’existait pas en arabe, que ce soit à l’époque de la révélation ou par la suite.

Il existe également des formes grammaticales dans le texté révélé qui sont différentes du dialecte principal de la révélation, à savoir ce lui de la péninsule du hijaz. Par exemple, il est écrit dans le Coran, dans le verset 63 de la sourate Tâ-Hâ : إن هذان لساحران

Or, l’accord le plus répandu, c’est-à-dire dans le dialecte du Hijaz, voudrait que la grammaire suive cette forme : إن هذين لساحران

La condition du nombre de rapporteurs étant très sctricte, ce verset a été rapporté selon un dialecte différent.

L’arabe classique

Lors de la révélation coranique, l’écriture n’était pas chose courante, loin de là.

On écrivait peu de choses, et c’était encore fait de manière artisanale, à savoir sur les bouts de bois ou d’ossements, voire de feuillets dont certains étaient réservés aux poèmes les plus éloquents, accrochés sur la Ka’ba.

Une large place était donc faite à la transmision orale et à la mémorisation, n’ayant pas de support pérenne. C’est ainsi que l’arabe le plus pur, c’est-à-dire le moins entaché par les mélanges étrangers, était dans les campagnes.

En effet, La Mecque étant devenue au fil du temps un lieu de passage très important, on y côtayait de nombreux étrangers venus faire du commerce ou adorer les idoles que le lieu saint abritait. L’arabe y était donc vu comme “corrompu”.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé l’imam As-Shafi’i à faire de nombreuses retraites dans les campagnes de l’Arabie afin de s’imprégner et d’affiner sa maîtrise de la langue arabe.

Ainsi, lorsque le Coran fut révélé, il le fut pour tous les arabes de cette péninsule, et fut donc transmis dans plusieurs dialectes. C’est par la suite qu’un seul d’entre eux fut retenu, voire canonisé lorsque le calife Othmane finalisa la compilation des feuillets détenus par les compagnons et en fit un seul texte, celui que nous avons entre les mains auojurd’hui.

Cette décision de canonisation fut d’ailleurs (et restera) vivement critiquée, car tous les autres textes non retenus par ce consensus de compagnons qui avaient ouvré à cette collecte, fut brûlé par précaution.

En effet, l’écrit prenait de plus en plus de place suite à la mort des compagnons qui avaient en mémoire le Coran. Les faux textes étaient également légion car les détracteurs de la religion musulmane avaient trouvé ce moyen de destabiliser la tradition et l’unité du corpus coranique.

La solution adoptée fut donc de canoniser un texte de manière unanime afin de le préserver.

C’est donc sur la base de ce texte que la langue arabe allait évoluer. Elle était dorénavant l’arabe “classique”. C’est d’ailleurs l’arabe que nous reconaissons aujourd’hui comme étant l’arabe “littéraire”.

La standardisation

Le texte coranique, sur lequel toute la langue arabe allait être étudiée et fondée, a permis à cette langue de rester une langue vivante et de ne pas mourir à l’instar d’autres langues comme l’araméen.

C’est alors que s’est amorcée une autre partie de l’histoire de la langue arabe : sa standardisation.

Très rapidement après la mort des trois premiers califes, une grande dissenssion, appelée la “grande Fitna”, s’est emparée du monde musulman. Cet épisode s’est soldé par un retarit du pouvoir de Ali, le gendre du Prophète Muhammad sws, qui choisit alors de se retirer en Iraq.

C’est de là qu’il commence, en se consacrant à la spiritualité après avoir eu le pouvoir temporel, à l’établissement de la langue que nous conaissons aujourd’hui.

Aux côtés des plus grands grammairiens et linguistes de l’époque, des grands changements sont effectués : l’arabe qui n’avait pas le système de points sur les lettres, se retrouve doté de ces signes distinctifs. Les voyelles courtes sont également ajoutées, issues des voyelles longues existantes (lettres ا و ي).

Mais aussi, de grands noms comme celui de Sibawayh, marquent à jamais l’Histoire.

La grammaire s’étudie à partir des textes de l’époque coranique, qu’ils soient sacrés ou non. On standardise la langue et on la fige de manière immuable, afin d’en conserver l’authenticité.

Tout ce travail permettra à la langue arabe de devenir une science à part entière, et de connaître à ce titre son “âge d’or”.

L’âge d’Ôr

Du 8 ème au 12 ème sciècle, les conquêtes permettent à l’arabe de se diffuser en Afrique du Nord, en Espagne, au Moyen-Orient et jusqu’en Asie centrale.

Les calligraphies et la poésie rayonnent par-delà les terres et les mers et l’arabe devient la langue des sciences, de la philosophie, de la médecine et des arts pendant des siècles.

La rencontre la plus emblématique reste celle avec la culture héllenistique. Ce seront les Arabes qui traduiront les plus emblématiques des textes philosophiques grecs et c’est grâce à ces traductions, retrouvées dans les bibliothèques lors des guerres de colonisation menées par l’Occident, que ces textes parviendront en Europe. De là, naîtra la Renaissance.

Cette expansion eût bien fait d’arriver après une première période de standardisation car, au contact de si nombreuses populations, la langue parlée finit par évoluer.

C’est ainsi que naquirent tous les dialectes actuels (darijas), très différents de l’arabe classique : égyptien, maghrébin, levantin, etc.

Aujourd’hui, nous avons dans le Monde Arabe ce qui s’appelle une diglossie, c’est-à-dire qu’on utilise l’arabe standard moderne à l’écrit afin de faciliter la communication administrative et politique entre les états arabes, et un dialecte local à l’oral.

La modernisation

De nombreux travaux ont été menées afin de “moderniser” l’arabe, car jugé trop ancien, mais ceux-ci se sont toujours vus confrontés à la réticence des religieux.

En effet, comme dit précédemment, l’arabe moderne est issu du texte coranique et en tire ses règles et fondements, et c’est objectivement ce qui a préservé cette langue de la dispariton ou de la dilution dans d’autres langues.

Parmi ces mouvements de modernisation, le plus célèbres est celui dit de la Nahda qui a donné lieu à l’arabe standard moderne utilisé dans les médias, les journaux et l’éducation.

Quant à l’arabe parlé, il a intégré des mots turcs, français, anglais et persans au fil de l’histoire coloniale et des échanges culturels.

La langue arabe est aujourd’hui la langue officielle de plus de 20 pays dans le Monde et reste la langue litturgique de l’Islam, parlée ou récitée par des centaines de millions de musulmans dans le monde.

Avec plus de 400 millions de locuteurs natifs et des dizaines de millions de locuteurs non natifs, c’est une des langues les plus importantes de l’Organisation des Nations Unies.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *